Chez iObeya, comme partout, ce qui n’est pas défendu collectivement finit par être décidé sans nous.
Salaires, temps de travail, télétravail, mutuelle, réorganisations : les décisions qui comptent pour ton quotidien se prennent dans des négociations. Le syndicat, c’est la seule structure qui permet aux salarié·es d’y peser avec un mandat, des droits et une expertise.
Ce que fait concrètement un syndicat dans l’entreprise
- Il négocie. Seuls les délégués syndicaux peuvent négocier et signer les accords d’entreprise : salaires (NAO), temps de travail, télétravail, égalité femmes-hommes, qualité de vie au travail…
- Il informe. Sur tes droits, la convention collective Syntec, les projets de la direction.
- Il accompagne. En cas de difficulté individuelle : entretien, désaccord sur ta charge de travail, rupture, discrimination…
- Il s’appuie sur tout un réseau. Juristes, fédération CGT des sociétés d’études (notre branche), union locale, formations syndicales.
Le syndicat ne remplace pas le CSE : le CSE représente l’ensemble du personnel et rend des avis, le syndicat négocie et revendique. Les deux sont complémentaires.
« Je suis cadre / ingé, je négocie très bien tout seul »
Peut-être pour ton salaire d’embauche. Mais personne ne négocie seul :
- le temps de travail, les horaires, la charge réelle et le droit à la déconnexion ;
- les minima Syntec et leur revalorisation ;
- la complémentaire santé et la prévoyance ;
- les conditions d’une réorganisation ou d’un plan de départs.
Ces sujets-là se règlent collectivement — avec ou sans toi. Dans notre branche, une grande partie des salarié·es sont cadres et ingénieur·es : c’est précisément pour eux que le rapport de force collectif compte.
« Ça va me nuire »
La loi est claire : il est interdit à l’employeur de tenir compte de l’appartenance ou de l’activité syndicale dans ses décisions — embauche, salaire, évolution, formation, sanction, licenciement (article L2141-5 du Code du travail). L’appartenance syndicale est en outre une donnée sensible protégée par le RGPD.
Ton adhésion est confidentielle. L’employeur n’en est pas informé : la cotisation se paie directement à la CGT, pas sur ta fiche de paie. Tu choisis toi-même si et quand tu veux te montrer.
« Ça coûte cher »
À la CGT, la cotisation est fixée à 1 % du salaire net. Et l’État en rembourse 66 % sous forme de crédit d’impôt, y compris si tu n’es pas imposable (dans la limite de 1 % du revenu brut imposable, et sauf option pour les frais réels).
Exemple : salaire net de 3 000 €/mois → cotisation de 30 €/mois, soit 360 €/an → 238 € remboursés en crédit d’impôt → coût réel d’environ 122 €/an, soit 10 €/mois.
« Je n’ai pas le temps / je n’y connais rien »
C’est justement pour ça qu’existe un droit méconnu : le congé de formation économique, sociale, environnementale et syndicale. Tout·e salarié·e, syndiqué·e ou non, peut en bénéficier :
- jusqu’à 12 jours par an (18 jours pour les animateurs et animatrices de formation) ;
- avec maintien intégral de ton salaire par l’employeur ;
- dans des centres de formation liés aux organisations syndicales, dont ceux de la CGT.
Au programme : comprendre ta fiche de paie et les comptes de l’entreprise, connaître le droit du travail, la santé au travail, savoir négocier… De quoi ne plus subir les décisions, mais les comprendre et peser dessus.
La demande se fait auprès de l’employeur au moins un mois à l’avance. Il ne peut la refuser que si ton absence nuirait gravement à la production, par une décision motivée et après avis conforme du CSE. Ces formations sont ouvertes à toutes et tous, mais c’est le syndicat qui les organise et t’aide à y accéder.
« Les syndicats, c’est politique »
La CGT est indépendante des partis, du patronat et de l’État : c’est inscrit dans ses statuts. Elle défend des valeurs — solidarité, égalité, démocratie, refus des discriminations — et des revendications concrètes pour le monde du travail. Être syndiqué·e, ce n’est pas adhérer à un programme électoral : c’est s’organiser avec ses collègues.
« De toute façon, ça ne change rien »
En France, environ 11 % des salarié·es sont syndiqué·es (moins de 9 % dans le privé), alors que la quasi-totalité est couverte par une convention collective négociée par les syndicats. Autrement dit : beaucoup profitent de ce que peu construisent. Plus nous sommes nombreux, plus la parole des salarié·es pèse face à la direction.
Les congés payés, la semaine de 35 heures, la Sécurité sociale, la convention Syntec elle-même : rien de tout ça n’a été donné, tout a été obtenu collectivement.
Et concrètement, j’adhère comment ?
- En ligne, directement sur le site confédéral cgt.fr. Ton adhésion sera rattachée au bon syndicat.
- En parlant avec ton délégué syndical CGT, Kevin Merigot, en toute confidentialité, ou par mail : contact@cgt-iobeya.fr.
Tu peux aussi simplement poser des questions sans t’engager : on est là pour ça.
Sources
- Code du travail, art. L2141-5 (interdiction de la discrimination syndicale).
- Code général des impôts, art. 199 quater C (crédit d’impôt de 66 % sur les cotisations syndicales).
- Code du travail, art. L2145-5 et suivants (congé de formation économique, sociale, environnementale et syndicale).
- DARES Analyses n° 025-2016, « La syndicalisation en France ».